Dévoilée au Salon de Genève 2016, la Pagani Huayra BC représente l’aboutissement de l’obsession italienne pour la perfection automobile. Limitée à seulement 20 exemplaires pour le coupé et 40 pour le roadster, cette hypercar développe 800 chevaux et affiche un prix dépassant les 2,3 millions d’euros. Mais au-delà des chiffres, la BC porte un hommage profondément personnel au premier client qui a cru en la vision d’Horacio Pagani.
Qui était Benny Caiola et pourquoi cette voiture porte ses initiales
Les initiales BC ne sont pas un simple badge marketing. Elles rendent hommage à Benny Caiola, collectionneur automobile passionné et figure majeure du monde des supercars. Caiola n’était pas seulement le tout premier client de Pagani : il fut l’un des rares investisseurs à croire au projet fou d’Horacio Pagani quand personne d’autre n’y croyait.
Leur relation dépassait le cadre commercial. Caiola et Pagani partageaient la même passion obsessionnelle pour l’automobile et l’artisanat italien. Décédé en 2010, Benny Caiola ne verra jamais la voiture qui porte son nom. Mais ce geste symbolique montre à quel point Pagani considère ses clients comme une famille étendue.
Cette dimension humaine distingue Pagani des autres constructeurs d’hypercars. Là où d’autres nomment leurs modèles d’après des circuits ou des numéros de projet, Pagani choisit d’honorer la mémoire d’un ami disparu.
Une hypercar conçue pour la piste et la route
La Huayra BC n’est pas une simple Huayra avec quelques chevaux supplémentaires. Pagani a revu chaque élément pour créer une version plus radicale, plus affûtée, plus extrême. L’objectif était clair : repousser les limites sans perdre l’âme de la voiture.
Le poids a été réduit de 132 kg par rapport à la Huayra standard. Cette cure d’amaigrissement repose sur l’utilisation intensive de matériaux high-tech : carbo-titanium (un alliage exclusif de fibre de carbone et de titane), aluminium et titane. Chaque gramme compte quand on cherche la perfection.
L’aérodynamisme a été entièrement repensé. Pagani a intégré un nouvel ensemble composé d’un aileron arrière massif, d’un diffuseur repensé, de lames avant et de jupes latérales sculptées. Ces éléments ne sont pas là pour le spectacle : ils génèrent jusqu’à 500 kg d’appui aérodynamique à haute vitesse. Cette force plaque littéralement la voiture au sol dans les virages rapides.
La suspension a également été revue pour tirer parti de cette adhérence accrue. Les réglages sont plus fermes, plus directs, plus connectés à la route. La BC se veut une hypercar de piste qui reste civilisée sur route ouverte.
Le moteur V12 Mercedes-AMG : puissance et caractère
Au cœur de la Huayra BC bat un moteur V12 6.0 biturbo construit par Mercedes-AMG selon les spécifications drastiques de Pagani. Cette mécanique délivre 800 chevaux (contre 730 ch sur la Huayra standard) et un couple monumental de 1 000 Nm. Ces chiffres ne sont pas que des données techniques : ils se traduisent par une violence mécanique rarement égalée.
Le V12 est couplé à une boîte séquentielle 7 rapports Xtrac. Pagani a délibérément choisi une transmission à simple embrayage plutôt qu’une boîte à double embrayage. Raison invoquée : économie de poids (70 kg de gagnés) et capacité à encaisser le couple titanesque du moteur. Le passage des vitesses est brutal, mécanique, viscéral. Certains y voient un défaut, Pagani y voit une connexion authentique avec la machine.
Les performances sont à la hauteur : le 0 à 100 km/h tombe en moins de 3 secondes. La vitesse maximale dépasse les 370 km/h. Mais ces chiffres ne rendent pas justice à la sensation de conduite. Le couple disponible à tous les régimes transforme chaque accélération en expérience sensorielle totale.
L’échappement en titane, avec ses six sorties (quatre centrales rondes et deux rectangulaires intégrées au diffuseur), produit une symphonie mécanique qui fait vibrer l’air. Le son du V12 en sur-régime reste gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont entendu.
BC Coupé vs BC Roadster : quelles différences ?
Pagani a produit deux versions distinctes de la BC, et il est essentiel de ne pas les confondre.
Le coupé BC est la version originale dévoilée en 2016. Production limitée à 20 exemplaires, tous vendus avant même le début de la fabrication. Prix d’origine : 2,35 millions d’euros. Cette version se reconnaît à ses portes papillon emblématiques et son toit fixe en carbone.
Le BC Roadster arrive en 2019. Production étendue à 40 exemplaires (le double du coupé, ce qui reste dérisoire). Pagani annonce que ce roadster est plus léger que le coupé, ce qui représentait selon Horacio Pagani « le travail le plus dur » de toute l’évolution Huayra. Les portes papillon disparaissent au profit de portes classiques, le toit amovible en carbone se range ailleurs quand vous roulez cheveux au vent.
La puissance est légèrement ajustée : certaines sources parlent de 791 chevaux pour le roadster, d’autres maintiennent les 800 ch. La différence reste négligeable. Le prix grimpe à environ 3,4 millions d’euros. Là encore, tous les exemplaires ont trouvé preneur avant l’annonce officielle.
Les deux versions partagent la même philosophie : être plus légères, plus puissantes, plus exclusives que la Huayra standard. Le choix entre coupé et roadster relève du goût personnel et de la disponibilité (spoiler : il n’y en a plus).
Combien coûte une Pagani Huayra BC et peut-on encore en acheter ?
La question du prix mérite une réponse claire. À leur sortie, les BC coupé se vendaient 2,35 millions d’euros, les BC Roadster environ 3,4 millions d’euros. Mais ces prix sont désormais de l’histoire ancienne.
Tous les exemplaires ont été vendus avant même le début de la production. Pagani ne produit que pour des clients connus, souvent des collectionneurs fidèles qui possèdent déjà une ou plusieurs Pagani. L’accès à la liste d’attente n’est pas ouvert au grand public. Il faut connaître les bons intermédiaires, avoir déjà un historique avec la marque, et surtout être prêt à attendre des années.
Sur le marché secondaire, les prix explosent. Certains exemplaires changeraient de mains pour 5 millions d’euros ou plus. La rareté absolue, l’état de collection et la demande constante des ultra-riches alimentent cette spéculation. Posséder une BC, c’est détenir un actif qui ne se déprécie pas.
Qui peut acheter une Pagani Huayra BC ? Des collectionneurs fortunés, des entrepreneurs milliardaires, des héritiers de grandes fortunes, des stars du sport ou du divertissement. Mais la fortune ne suffit pas : il faut aussi être accepté par Pagani, qui choisit soigneusement ses clients pour préserver l’image de la marque.
Ce qui rend la Pagani Huayra BC unique
Dans l’univers des hypercars, la concurrence est féroce. Bugatti propose la puissance brute avec la Chiron. McLaren mise sur la technologie et l’efficacité avec la 765LT. Ferrari cultive l’héritage avec la SF90. Alors pourquoi la Pagani BC se détache-t-elle du lot ?
La réponse tient en trois mots : artisanat, exclusivité, personnalisation. Chaque Huayra BC est construite à la main dans l’atelier de San Cesario sul Panaro, près de Modène. Les ouvriers ne sont pas des robots : ce sont des artisans formés pendant des années. Chaque voiture est unique parce que chaque client choisit les matériaux, les couleurs, les finitions intérieures.
Le carbo-titanium, ce mélange de fibre de carbone et de titane, n’est utilisé par aucun autre constructeur. Cette innovation maison offre la légèreté du carbone et la résistance du titane. Le châssis monocoque intègre cette technologie pour garantir rigidité et sécurité.
L’aérodynamisme actif reste une signature Pagani. Quatre volets mobiles (deux à l’avant, deux à l’arrière) s’ajustent en temps réel selon la vitesse, l’accélération et l’angle de braquage. La voiture modifie constamment sa forme pour optimiser l’appui et réduire la traînée. Cette technologie, inspirée de l’aviation, donne à la BC un comportement évolutif unique.
Enfin, la dimension émotionnelle compte. Posséder une BC, c’est rejoindre une famille restreinte de passionnés. C’est partager une histoire avec Horacio Pagani lui-même, qui reste impliqué dans chaque projet. C’est honorer la mémoire de Benny Caiola à chaque sortie.
Les hypercars se mesurent souvent aux chronos sur circuit ou aux accélérations. La Pagani BC préfère se mesurer à l’émotion procurée, à la beauté des détails, à l’excellence de l’exécution. Elle ne cherche pas à être la plus rapide du monde. Elle cherche à être inoubliable.
Une œuvre d’art roulante
La Pagani Huayra BC incarne ce que l’industrie automobile peut produire de plus abouti quand l’argent, le temps et le talent ne sont pas des contraintes. Avec seulement 20 coupés et 40 roadsters jamais construits, elle restera à jamais l’une des hypercars les plus exclusives de l’histoire. Pour ceux qui ont eu la chance de la conduire, elle représente une expérience sensorielle totale. Pour les autres, elle reste un rêve accessible uniquement en photo, un symbole de ce que la passion automobile peut accomplir quand elle ignore les compromis.

