Pagani Huayra Roadster : l’hypercar italienne qui redéfinit l’art du cabriolet

La Pagani Huayra Roadster représente un paradoxe technique fascinant : une version découvrable plus légère que le coupé d’origine. Dévoilée au Salon de Genève 2017, cette hypercar à 3,4 millions d’euros repousse les limites de l’ingénierie automobile avec ses 764 chevaux et ses matériaux révolutionnaires. Limitée à 100 exemplaires, elle incarne la vision d’Horacio Pagani sur ce que doit être une œuvre d’art roulante.

Une Roadster plus légère que le coupé : le défi technique de Pagani

Horacio Pagani l’a reconnu lui-même : concevoir la Huayra Roadster fut « le projet le plus compliqué » jamais entrepris par la marque. L’objectif semblait impossible à atteindre pour une version découvrable : être plus légère que le coupé, déjà considéré comme l’hypercar la plus légère de son époque.

Le résultat est stupéfiant. La Roadster affiche 1 280 kg sur la balance, un poids plume obtenu grâce à l’utilisation de matériaux composites de nouvelle génération. Le carbotanium (fibre de carbone tissée avec du titane) et le carbo-triax constituent l’ossature du véhicule, offrant une rigidité 20% supérieure à la fibre de carbone traditionnelle.

Pagani n’a pas simplement retiré le toit du coupé. L’entreprise a reconstruit entièrement la voiture, du châssis aux panneaux de carrosserie. Chaque composant a été repensé pour compenser la perte de rigidité structurelle inhérente à une version découvrable. Ce travail titanesque a nécessité six années de développement pour aboutir à une production limitée de seulement 100 unités.

Le cœur de la bête : le V12 AMG de 764 chevaux

Sous le capot arrière se cache un moteur V12 Mercedes-AMG M158 de 6,0 litres biturbo, construit sur mesure selon les spécifications de Pagani. Cette mécanique d’exception délivre 764 chevaux à 6 200 tr/min et un couple phénoménal de 1 000 Nm disponible dès 2 400 tr/min.

La puissance transite par une boîte robotisée Xtrac à 7 rapports à simple embrayage, un choix technique assumé. Pagani privilégie la légèreté à la rapidité de passage des vitesses : cette transmission pèse 35% de moins qu’une boîte à double embrayage équivalente. Les montées en régime sont ainsi plus franches, même si les changements de rapports manquent de douceur.

Les performances sont stratosphériques. Le 0 à 100 km/h est expédié en 3 secondes, tandis que la vitesse maximale atteint 335 km/h. Ces chiffres impressionnants sont rendus possibles par un rapport poids/puissance de 1,68 kg par cheval, plaçant la Huayra Roadster au niveau des hypercars les plus extrêmes du marché.

Le système de refroidissement à basse température a été dimensionné pour fonctionner dans des environnements à plus de 50°C. La lubrification à carter sec permet d’abaisser le centre de gravité en positionnant le moteur au plus près du sol, améliorant ainsi le comportement dynamique.

Design et aérodynamique : quand l’art rencontre la performance

La transformation en version découvrable a imposé des modifications esthétiques majeures. Le changement le plus controversé concerne les portes papillon, abandonnées au profit de portes classiques à ouverture conventionnelle. Cette décision, dictée par des contraintes structurelles, a divisé les puristes attachés à la signature visuelle de la marque.

La face avant adopte de nouvelles prises d’air et des formes plus agressives que le coupé. L’arrière arbore un diffuseur redessiné et un aileron actif mobile qui s’ajuste en fonction de la vitesse et du mode de conduite sélectionné. Ces éléments aérodynamiques génèrent jusqu’à 500 kg d’appui à 280 km/h, garantissant la stabilité à haute vitesse.

Le toit amovible combine fibre de carbone et verre, pesant moins de 5 kg. Son design en deux parties permet un rangement dans le coffre avant, transformant la Roadster en véritable cabriolet. Les six sorties d’échappement en titane constituent un élément visuel spectaculaire : quatre embouts ronds centraux en position haute, complétés par deux sorties rectangulaires intégrées au diffuseur.

Les jantes forgées mesurent 20 pouces à l’avant et 21 pouces à l’arrière, chaussées de pneumatiques Pirelli P Zero Trofeo R développés spécifiquement pour Pagani. Ces gommes ultra-adhérentes portent le nom du constructeur italien gravé sur les flancs.

Roadster standard vs Roadster BC : comprendre les différences

La gamme Huayra Roadster se décline en deux versions distinctes, souvent confondues. Voici les différences essentielles :

Puissance et performances La Roadster standard développe 764 ch, tandis que la Roadster BC pousse le V12 AMG à 791 ch (certaines sources mentionnent 800 ch). Le couple grimpe également à 811 Nm sur la version BC, offrant des accélérations encore plus brutales.

Poids et matériaux Si la Roadster standard pèse 1 280 kg, la BC descend autour de 1 250 kg grâce au carbotanium de dernière génération. Ce matériau composite coûte cinq fois plus cher que la fibre de carbone classique mais offre une rigidité incomparable.

Aérodynamisme La BC adopte un package aérodynamique beaucoup plus agressif avec un aileron arrière massif et un diffuseur élargi. L’appui aérodynamique total atteint 500 kg supplémentaires à 280 km/h (1 100 livres à 175 mph selon les sources américaines).

Production et exclusivité 100 exemplaires de la Roadster standard ont été produits, contre seulement 40 unités pour la BC. Toutes les BC ont été vendues avant même l’annonce officielle du modèle, à des collectionneurs triés sur le volet.

Tarif Comptez 3,4 millions d’euros pour la Roadster classique et plus de 4 millions d’euros pour la BC. L’écart de prix reflète les évolutions techniques et la rareté accrue du modèle extrême.

L’habitacle : luxe artisanal et ergonomie extrême

Pénétrer dans l’habitacle d’une Huayra Roadster, c’est entrer dans un écrin d’artisanat italien. Chaque surface respire le travail minutieux : cuir pleine fleur, aluminium usiné, carbone apparent tissé avec une précision horlogère. Les rivets en titane portent la signature « Pagani » gravée, témoignage d’une obsession du détail poussée à l’extrême.

La console centrale combine instruments analogiques et écran tactile minimaliste. Pagani refuse la surcharge technologique : pas d’Apple CarPlay, pas d’Android Auto. L’infotainment se limite à l’essentiel, privilégiant la connexion directe entre le pilote et la machine. Le système audio à 9 canaux suffit amplement, même si la symphonie du V12 constitue la véritable bande-son recherchée.

Le volant multifonction intègre le sélecteur de mode de conduite inspiré du manettino Ferrari. Trois positions principales : Comfort, Sport et Race. En mode C, les amortisseurs se font souples, l’échappement civilisé et les aides électroniques maximales. Le mode S raffermit les suspensions, libère la sonorité du V12 via une valve d’échappement et assouplit le contrôle de traction. En mode R, la Roadster révèle son vrai caractère : amortisseurs ultra-fermes, échappement désinhibé et aides à la conduite réduites au minimum.

Les sièges baquets sculptés dans la mousse puis habillés de cuir sur mesure épousent parfaitement le corps. Chaque client peut personnaliser les couleurs, les surpiqûres et même le motif de tissage du carbone. Certaines Roadster affichent des configurations intérieures uniques, résultat de centaines d’heures de travail manuel dans les ateliers de San Cesario sul Panaro.

Production limitée et exclusivité : combien et pour qui ?

La rareté constitue l’ADN même de Pagani. Avec 45 voitures produites par an tous modèles confondus, la marque italienne reste l’un des constructeurs les plus exclusifs au monde. La Huayra Roadster standard a été limitée à 100 exemplaires, un chiffre déjà microscopique dans l’univers automobile.

La Roadster BC pousse l’exclusivité encore plus loin avec seulement 40 unités. Toutes ont trouvé preneur avant même la présentation officielle du modèle, achetées par des collectionneurs faisant déjà partie du cercle fermé des clients Pagani. Certains possèdent plusieurs Zonda et Huayra dans leurs collections privées.

Le profil type de l’acheteur ? Selon Bugatti (dont la clientèle se recoupe partiellement), le client moyen d’hypercar possède 83 voitures, 3 jets privés et 1 yacht. Ces chiffres datent de 2014 et ont probablement augmenté depuis. La fortune personnelle se compte en centaines de millions, voire milliards d’euros.

Face à la Bugatti Chiron Pur Sport, la Koenigsegg Agera ou la McLaren Speedtail, la Huayra Roadster se distingue par son caractère artisanal. Là où d’autres misent sur la technologie de pointe et la production semi-industrielle, Pagani privilégie le fait-main et la personnalisation extrême. Chaque voiture nécessite des mois de fabrication, justifiant le tarif stratosphérique.

Prix et marché : investir dans une légende vivante

Le tarif de base d’une Pagani Huayra Roadster s’établit à 3,4 millions d’euros. Ce montant constitue un plancher : les options de personnalisation peuvent facilement ajouter plusieurs centaines de milliers d’euros. Peintures spéciales, configurations intérieures uniques, finitions particulières… Chaque demande client fait grimper la facture finale.

La Roadster BC démarre autour de 4 millions d’euros, atteignant parfois 4,4 millions selon les configurations testées par la presse spécialisée américaine. À ce niveau de prix, la voiture entre en compétition directe avec la Bugatti Chiron Pur Sport, elle aussi facturée 4 millions.

Sur le marché de l’occasion, les Huayra Roadster se négocient généralement au-dessus de leur prix neuf. La rareté extrême et la demande soutenue créent une tension sur les prix. Les modèles les mieux spécifiés ou présentant des configurations particulièrement réussies peuvent atteindre 4 à 5 millions d’euros, même avec quelques milliers de kilomètres au compteur.

Cette hypercar constitue un placement financier relativement sûr pour son propriétaire. Les Pagani historiques, notamment les Zonda, ont vu leur valeur exploser au fil des années. Certains exemplaires rares se vendent aujourd’hui trois à quatre fois leur prix d’origine. La Huayra Roadster, avec sa production ultra-limitée et sa place dans l’histoire de la marque, suit probablement la même trajectoire.

L’entretien représente évidemment un poste de dépense conséquent. Révisions chez Pagani, pneumatiques Trofeo R remplacés régulièrement, assurance spécifique… Posséder une telle machine implique un budget annuel à six chiffres, même en roulant peu. Mais pour les heureux propriétaires, ces considérations financières passent au second plan face au privilège de piloter l’une des hypercars les plus désirables jamais construites.


La Pagani Huayra Roadster incarne l’excellence automobile italienne poussée à son paroxysme. Plus légère que son homologue coupé malgré la perte du toit, dotée d’un V12 AMG rugissant et façonnée à la main avec des matériaux d’exception, elle transcende la simple notion de voiture de sport. Œuvre d’art roulante autant que prouesse technique, cette Roadster perpétue l’héritage d’Horacio Pagani : créer des machines qui font vibrer l’âme autant qu’elles défient les lois de la physique.

Partagez votre amour
koessler.buisness@gmail.com
koessler.buisness@gmail.com
Articles: 102

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *