Pagani Huayra Tricolore : l’hypercar à 6,7 millions qui célèbre l’aviation italienne

En décembre 2020, Pagani a dévoilé l’une de ses créations les plus exclusives : la Huayra Tricolore. Limitée à trois exemplaires seulement, cette hypercar rend hommage aux 60 ans des Frecce Tricolori, la patrouille acrobatique de l’armée de l’air italienne. Avec ses 840 chevaux, son design inspiré des avions de chasse et son prix de 6,7 millions de dollars, la Tricolore repousse les limites de l’exclusivité automobile. Dix ans après la Zonda Tricolore, Pagani récidive avec une machine qui mêle art, ingénierie aéronautique et performances extrêmes.

Une hypercar exclusive produite à 3 exemplaires

La Pagani Huayra Tricolore n’est pas une simple version spéciale. C’est un hommage automobile à l’une des institutions les plus respectées d’Italie.

Présentée le 16 décembre 2020 à San Cesario Sul Panaro, elle célèbre les six décennies d’existence des Frecce Tricolori. Dix ans plus tôt, Pagani avait déjà honoré le 50e anniversaire de la patrouille avec la Zonda Tricolore, vendue à l’époque pour 1,47 million de dollars. Aujourd’hui, l’écart de prix témoigne de l’évolution du marché des hypercars : la Huayra Tricolore affiche un tarif de 6,7 millions de dollars (environ 5,5 millions d’euros).

Comme son aînée, la production est volontairement limitée à trois exemplaires. Une décision qui garantit une exclusivité absolue. Sans surprise, les trois voitures ont trouvé preneur avant même le début de la production. Pour Horacio Pagani, fondateur de la marque, cette hypercar représente un symbole de détermination dans une année 2020 difficile pour l’Italie et le monde entier.

Un hommage aux Frecce Tricolori

Les Frecce Tricolori ne sont pas n’importe quelle patrouille acrobatique. Officiellement appelé 313e Groupe d’entraînement acrobatique, cet escadron de l’armée de l’air italienne a été fondé le 1er mars 1961 sur la base militaire de Rivolto.

Avec leurs dix avions Aermacchi MB-339A (neuf en formation, un solo), les Frecce Tricolori sont l’une des patrouilles les plus célèbres au monde. Elles peignent le ciel aux couleurs du drapeau italien depuis plus de 60 ans lors de démonstrations aériennes spectaculaires.

Pagani a puisé directement dans l’esthétique de ces avions pour concevoir la Tricolore. Les bandes tricolores rouge, blanc et vert courent sur les flancs de la voiture. La carrosserie en fibre de carbone bleue tissée rappelle la livrée des MB-339A. Les accents bleus se retrouvent sur les phares, les jantes et dans tout l’habitacle.

Un détail crève les yeux : le tube de Pitot monté sur le capot. Cet instrument, normalement utilisé sur les avions pour mesurer la vitesse de l’air, est purement décoratif ici. Mais il renforce le lien visuel avec l’aviation militaire. Même les supports d’aileron arrière imitent la forme de la dérive des avions de la patrouille.

Design et aérodynamique inspirés de l’aviation

La Tricolore adopte une configuration unique dans la gamme Huayra. Elle utilise la base du Roadster, mais avec des modifications aérodynamiques poussées.

L’élément le plus frappant reste cette prise d’air massive intégrée au toit. Inspirée directement des entrées d’air des jets, elle dirige un flux d’air froid optimisé vers le moteur V12. Son profil s’étire vers l’arrière, créant une ligne visuelle qui évoque la silhouette des Aermacchi.

À l’avant, Pagani a installé un nouveau splitter au profil aérodynamique entièrement revu. Plus prononcé que sur les autres versions, il génère un appui supplémentaire. Le pare-chocs redessiné intègre des extracteurs latéraux qui maximisent l’efficacité des intercoolers. Avec 840 chevaux sous le capot, le refroidissement moteur n’est pas une option.

À l’arrière, le diffuseur a été optimisé pour extraire l’air circulant sous la voiture avec encore plus d’efficacité. L’aileron arrière, monté sur des supports sculptés, complète le dispositif aérodynamique. Chaque surface, chaque angle a été pensé pour combiner performance et esthétique.

Le résultat ? Une hypercar qui génère une downforce considérable tout en conservant une allure élégante. L’équilibre entre forme et fonction, cher à Horacio Pagani, atteint ici un sommet.

Performances dignes d’un avion de chasse

Sous la carrosserie sculptée bat le cœur d’une bête mécanique. Le moteur V12 biturbo de 6,0 litres construit par Mercedes-AMG selon les spécifications Pagani développe 840 chevaux (618 kW) et un couple monstrueux de 1 100 Nm.

Ces chiffres font de la Tricolore la version la plus puissante de la Huayra au moment de sa sortie en 2020. Elle dépasse même la Huayra BC et ses 800 chevaux. Seule l’Imola, dévoilée quelques mois plus tôt avec 838 chevaux, rivalise en termes de puissance brute dans la famille Huayra.

La transmission repose sur une boîte séquentielle 7 rapports à simple embrayage. Pagani défend ce choix technique : selon la marque, cette configuration est 35% plus légère qu’une boîte à double embrayage équivalente. Dans une hypercar où chaque gramme compte, l’économie de poids prime.

Le poids à vide ? 1 270 kg sans les fluides. Un chiffre remarquable pour une voiture de ce calibre, rendu possible par l’utilisation intensive de matériaux composites de dernière génération. Le rapport poids-puissance qui en découle place la Tricolore dans une catégorie à part.

Les performances brutes ne sont pas officiellement communiquées par Pagani, mais on peut estimer le 0 à 100 km/h à environ 2,8 secondes, avec une vitesse maximale dépassant largement les 350 km/h. Des chiffres qui placent cette hypercar italienne au niveau des monstres de performances mondiaux.

Technologies et matériaux de pointe

La légèreté de la Tricolore ne doit rien au hasard. Pagani a intégré des technologies issues directement de l’aéronautique.

Le châssis monocoque utilise un tissage carbone-titane de nouvelle génération. Deux matériaux composites avancés entrent en jeu : le Carbo-Titanium HP62 G2 et le Carbo-Triax HP62. Ces fibres haute performance offrent une rigidité en torsion et en flexion nettement supérieure aux générations précédentes.

Concrètement, cela signifie une meilleure réponse dynamique en conduite. La voiture reste plus stable sous les contraintes, que ce soit lors des freinages violents ou dans les virages rapides. La sécurité en conditions critiques s’en trouve aussi améliorée.

La géométrie des suspensions a été spécialement étudiée pour transférer efficacement les 840 chevaux au sol. Pagani a travaillé sur la réduction des effets de plongée au freinage et de roulis en virage. Le centre de gravité, abaissé au maximum grâce au positionnement du moteur, contribue à l’agilité de l’ensemble.

Chaque élément structurel répond à une double exigence : résistance maximale et poids minimal. Les sous-châssis avant et arrière en acier complètent la monocoque carbone-titane, créant une structure d’une rigidité impressionnante.

Le système de lubrification à carter sec permet de placer le V12 encore plus bas. Moins de tubes, moins de raccords : Pagani a simplifié au maximum pour gagner chaque gramme possible. Même le vase d’expansion est monté directement sur le moteur.

Intérieur : luxe et inspiration aéronautique

Ouvrez la porte papillon, et vous entrez dans un cockpit d’avion de luxe.

L’habitacle mêle cuir blanc et bleu avec des détails tricolores cousus partout. Les sièges baquets, sculptés et enveloppants, s’inspirent directement des sièges éjectables des chasseurs. Chaque surface qui n’est pas en cuir est soit en fibre de carbone apparente, soit en aluminium aérospatial usiné.

Le tableau de bord reprend les codes de l’instrumentation aéronautique. Les cadrans, les compteurs, les détails graphiques évoquent les cockpits des MB-339A. Des symboles de flèches tricolores apparaissent sur plusieurs éléments de l’habitacle, rappelant constamment l’hommage rendu à la patrouille.

Pagani n’a jamais caché son obsession pour l’artisanat. Chaque couture, chaque rivet, chaque finition est pensée comme une œuvre d’art fonctionnelle. La Tricolore pousse cette philosophie encore plus loin. Les matériaux sont nobles, les assemblages parfaits, l’attention portée aux détails confine à l’obsession.

Même les pédales, les leviers de vitesse, les commandes sont travaillés avec un soin extrême. Conduire une Tricolore, c’est aussi apprécier cette accumulation de petits raffinements qui font la différence entre une supercar et une hypercar d’exception.

La Tricolore dans la culture populaire

En 2023, la Pagani Huayra Tricolore a fait une apparition remarquée dans Fast X, le dixième opus de la saga Fast and Furious.

La voiture est brièvement visible garée devant la maison des Toretto. Cette apparition éclair suffit à marquer les esprits des fans de la saga et des passionnés d’automobiles. Dans l’univers Fast and Furious, où les voitures deviennent des personnages à part entière, voir une hypercar aussi rare tient de l’événement.

Un des trois exemplaires produits porte un nom : Il Soloist (Le Soliste). C’est le seul modèle aux spécifications américaines. Son surnom fait écho au pilote solo des Frecce Tricolori, celui qui vole en solo pendant que les neuf autres avions évoluent en formation.

Cette Tricolore américaine est devenue une pièce recherchée par les collectionneurs. Son statut unique (seule version US-spec) lui confère une valeur encore supérieure aux deux autres exemplaires. Dans le monde fermé des hypercars ultra limitées, chaque détail compte.

Pour Pagani, cette présence médiatique renforce le statut iconique de la Tricolore. Elle rejoint le cercle très restreint des voitures qui marquent l’imaginaire collectif au-delà du simple monde automobile.

Faut-il craquer pour une Huayra Tricolore ?

Soyons honnêtes : cette question ne se pose que pour une poignée de collectionneurs dans le monde.

La Huayra Tricolore s’adresse à une clientèle extrêmement réduite. Trois acheteurs seulement ont pu concrétiser l’acquisition. À 6,7 millions de dollars, on ne parle pas d’un achat automobile classique, même dans le segment des hypercars. C’est un investissement patrimonial, une œuvre d’art roulante, un symbole de statut absolu.

Comparée aux autres versions de la Huayra, la Tricolore se positionne au sommet. Elle dépasse la BC (2,35 millions d’euros), la Roadster BC et même l’Imola (environ 5 millions d’euros) en termes de prix et d’exclusivité. Seules trois personnes au monde peuvent prétendre posséder cette version précise.

En termes de performances pures, l’Imola rivalise voire dépasse légèrement la Tricolore. Mais l’exclusivité absolue et le lien historique avec les Frecce Tricolori confèrent à cette édition une valeur symbolique unique. Elle prolonge la lignée de la Zonda Tricolore de 2010, créant ainsi un héritage sur deux décennies.

Sur le marché de la revente, une Tricolore ne perdra probablement jamais de valeur. Les hypercars ultra limitées de Pagani ont prouvé leur capacité à prendre de la valeur avec le temps. La Zonda Tricolore originale, vendue 1,47 million en 2010, vaut aujourd’hui plusieurs fois ce prix sur le marché de l’occasion.

Pour les passionnés qui n’ont pas les moyens ou l’accès à une Tricolore, d’autres versions de la Huayra restent disponibles (sur le marché de l’occasion). La Huayra BC, la Roadster ou même une Huayra standard offrent déjà des performances et un savoir-faire exceptionnels.

La Pagani Huayra Tricolore reste ce qu’elle doit être : un hommage automobile ultime, une célébration de l’excellence italienne, et un objet de collection réservé à quelques privilégiés. Elle incarne la vision d’Horacio Pagani poussée à son paroxysme, là où l’art, la science et la passion se rejoignent pour créer quelque chose d’inoubliable.

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koessler.buisness@gmail.com
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