Koenigsegg CCXR : l’hypercar verte qui développe 1018 chevaux

La Koenigsegg CCXR a marqué l’histoire de l’automobile en 2007 comme la première hypercar capable de rouler au bioéthanol. Avec ses 1018 chevaux alimentés par de l’E85 ou de l’E100, elle prouvait qu’écologie et performances extrêmes pouvaient coexister. Produite à quelques exemplaires seulement, cette suédoise rarissime reste aujourd’hui l’une des voitures les plus recherchées par les collectionneurs.

Qu’est-ce que la Koenigsegg CCXR ?

La CCXR est une évolution de la CCX, la supercar que Koenigsegg présentait en 2006. La différence ? Elle peut fonctionner avec des carburants renouvelables comme l’éthanol E85 et E100, tout en acceptant l’essence classique 98 octanes.

À l’époque, aucun constructeur d’hypercars ne s’intéressait à l’impact environnemental. Bugatti poussait la puissance avec le Veyron, Ferrari et Lamborghini continuaient sur leur lancée traditionnelle. Koenigsegg a choisi une autre voie. Le constructeur suédois voulait démontrer que la recherche de performances n’était pas incompatible avec une démarche plus responsable.

Pour adapter la CCX aux biocarburants, les ingénieurs ont modifié plusieurs éléments clés : injecteurs renforcés, durites de carburant adaptées, segments de piston spécifiques et réglage optimisé des compresseurs. Ces modifications permettaient au moteur de supporter les propriétés chimiques différentes de l’éthanol et d’exploiter son potentiel.

Performances et caractéristiques techniques

Le moteur V8 4.7L bi-compressé

Le cœur de la CCXR est un V8 de 4,7 litres entièrement développé par Koenigsegg. Contrairement aux premiers modèles de la marque qui utilisaient des blocs Ford modifiés, celui-ci est une création maison. Il est suralimenté par deux compresseurs Rotrex et installé en position centrale arrière pour optimiser la répartition des masses.

La boîte de vitesses est une manuelle 6 rapports, couplée à un différentiel à glissement limité et des freins carbone-céramique. Le châssis en fibre de carbone renforcé d’aluminium et de Kevlar maintient le poids total autour de 1180 kg, un chiffre impressionnant pour une voiture de cette puissance.

Puissance record avec l’éthanol

L’éthanol possède un indice d’octane supérieur à celui de l’essence classique. Cela signifie qu’il résiste mieux à l’auto-allumage et permet d’augmenter la pression de suralimentation sans risque de cliquetis moteur. De plus, l’éthanol refroidit la chambre de combustion lors de son évaporation, ce qui améliore le rendement et autorise des réglages plus agressifs.

Résultat : avec de l’E85 ou E100, la CCXR délivre 1018 chevaux à 7000 tr/min et 1060 Nm de couple à 5600 tr/min. Avec de l’essence 98 classique, ces chiffres retombent à 806 chevaux et 920 Nm. Le gain est donc de plus de 200 chevaux simplement en changeant de carburant.

Accélérations et vitesse de pointe

Les performances sont à la hauteur des chiffres annoncés. Le 0 à 100 km/h est expédié en 3,1 secondes, et la vitesse maximale est estimée à 400 km/h. Le 0 à 200 km/h demande moins de 10 secondes. Ces performances dépendent évidemment du carburant utilisé et des conditions de roulage.

Sur circuit, la CCXR se montre aussi à l’aise qu’en ligne droite. Son châssis rigide, son centre de gravité bas et son aérodynamique travaillée lui permettent d’attaquer les virages avec précision.

Consommation et autonomie

Le revers de la médaille : l’éthanol contient moins d’énergie par litre que l’essence. La CCXR consomme donc davantage, avec une moyenne annoncée de 22 litres aux 100 km en cycle mixte européen. Sur circuit ou en conduite sportive, cette consommation peut facilement doubler.

L’autonomie s’en ressent, même si le réservoir reste de taille raisonnable. Mais pour les propriétaires d’une telle voiture, ce détail passe souvent au second plan.

Les différentes versions de la CCXR

CCXR Edition

La première CCXR Edition se distingue par son kit aérodynamique spécifique. Elle reçoit un aileron arrière exclusif, des winglets latéraux pour améliorer l’appui et des jantes à 11 branches reconnaissables. Le carbone apparent est omniprésent, aussi bien sur la carrosserie que sur le châssis visible par endroits.

Cette version visait à offrir des performances optimales aussi bien en ligne droite que sur les circuits les plus techniques. Koenigsegg souhaitait créer une voiture complète, pas seulement une fusée pour l’autoroute.

CCXR Trevita

La CCXR Trevita est la version la plus exclusive et la plus spectaculaire de la gamme. Son nom vient du suédois et signifie « trois blancs ». Sa particularité ? Un traitement unique de la fibre de carbone qui transforme les fibres noires classiques en un tissage argenté scintillant.

Ce procédé propriétaire développé par Koenigsegg utilise un revêtement spécial qui fait briller la carrosserie comme si des millions de minuscules diamants blancs étaient incrustés dans le carbone. Sous le soleil, l’effet est saisissant.

Seuls 2 ou 3 exemplaires ont été produits, selon les sources. L’un d’eux appartenait au boxeur Floyd Mayweather. Avec un prix dépassant les 4,8 millions de dollars, la Trevita figure parmi les voitures de série les plus chères jamais construites.

CCXR Special Edition

La CCXR Special Edition représente l’aboutissement final de la lignée. Elle a introduit plusieurs premières pour Koenigsegg : le système de palettes au volant F1 (alors que toutes les précédentes utilisaient un levier manuel), un écran tactique d’infodivertissement et un compteur de force G pour mesurer les accélérations en temps réel.

L’aérodynamique a été revue avec un double aileron F1, un splitter avant agrandi et des winglets latéraux optimisés. L’ensemble du travail carbone visible est encore plus soigné que sur les versions précédentes. Cette Special Edition représentait le sommet technique de ce que Koenigsegg savait faire à la fin des années 2000.

Production, rareté et prix

La production totale de CCXR, toutes versions confondues, se limite à 4 à 6 exemplaires selon les sources. Même pour une marque confidentielle comme Koenigsegg, ces chiffres sont microscopiques. Chaque voiture était personnalisée selon les souhaits du client, ce qui rend chaque exemplaire encore plus unique.

Sur le marché actuel, trouver une CCXR à vendre relève du parcours du combattant. Les rares exemplaires qui changent de mains se négocient entre 2 et 5 millions d’euros selon la version, l’état et l’historique. La Trevita se situe dans une autre catégorie, avec des valorisations bien supérieures.

Pour les collectionneurs, la CCXR représente un jalon historique dans l’évolution de l’hypercar moderne. Son statut de pionnière des biocarburants, combiné à sa rareté absolue, en fait un objet de désir très recherché. Les ventes publiques de Koenigsegg attirent systématiquement l’attention, et la CCXR ne fait pas exception.

La CCXR face à la concurrence de l’époque

Entre 2007 et 2009, le monde des hypercars était dominé par la Bugatti Veyron et ses 1001 chevaux. Le monstre franco-allemand venait d’établir un nouveau record de vitesse à 407 km/h et imposait une nouvelle norme de puissance et de luxe.

Face à ce mastodonte, la CCXR proposait une alternative radicalement différente. Là où le Veyron pesait 1888 kg et utilisait un moteur W16 de 8 litres avec quatre turbos, la Koenigsegg affichait seulement 1180 kg et s’appuyait sur un V8 bi-compressé plus compact. Son approche artisanale et sa capacité à fonctionner au bioéthanol la distinguaient clairement.

En 2009, Forbes Magazine a élu la CCXR Edition parmi les « 10 plus belles voitures de l’histoire ». La même année, elle recevait le Power Car Award 2008. Ces reconnaissances validaient l’approche de Koenigsegg : il était possible de créer une hypercar différente, techniquement avancée et esthétiquement remarquable sans suivre les sentiers battus.

Pourquoi la CCXR reste une icône aujourd’hui

Quinze ans après sa présentation, la CCXR conserve une aura particulière. Elle a ouvert la voie au concept d’hypercar écologique bien avant que le sujet ne devienne central dans l’industrie. À une époque où personne ne se souciait des émissions dans ce segment, Koenigsegg démontrait que performances extrêmes et carburants alternatifs n’étaient pas incompatibles.

Cette démarche illustre parfaitement la philosophie de la marque suédoise : innover techniquement, chercher des solutions originales, refuser la facilité. Koenigsegg n’a jamais cherché simplement à empiler les chevaux. La marque veut repousser les limites de l’ingénierie automobile dans toutes les directions.

La CCXR a directement inspiré les modèles suivants. L’Agera, qui lui a succédé en 2010, reprenait le concept de moteur flexible capable d’exploiter différents carburants. Aujourd’hui, le Jesko et le Gemera (ce dernier avec son moteur trois cylindres biturbo fonctionnant à l’éthanol) continuent sur cette lancée. La CCXR était la première pierre d’une approche désormais inscrite dans l’ADN de Koenigsegg.

Une hypercar qui a écrit l’histoire

La Koenigsegg CCXR incarne tout ce qui fait le caractère unique des hypercars suédoises : rareté extrême, performances hors norme, innovation technique et vision à long terme. Première supercar « verte » à dépasser les 1000 chevaux, elle a prouvé qu’audace et responsabilité pouvaient cohabiter dans un monde souvent accusé d’excès.

Avec sa production confidentielle et son statut de pionnière, elle reste un objet de fascination pour les passionnés. Elle rappelle qu’au-delà des chiffres et des records, certaines voitures marquent leur époque par leur approche singulière et leur capacité à ouvrir de nouvelles voies.

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koessler.buisness@gmail.com
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