Bugatti Type 49 : histoire et fiche technique

La Bugatti Type 49 représente l’aboutissement d’une lignée technique débutée en 1922. Produite entre 1930 et 1934 à environ 470 exemplaires, cette voiture de Grand Tourisme incarne l’ultime évolution des 8 cylindres à simple arbre à cames chez Bugatti. Elle combine la sportivité héritée des modèles de compétition avec un confort de routière moderne, ce qui en fait aujourd’hui l’une des Bugatti classiques les plus recherchées par les collectionneurs avertis.

Une évolution naturelle du Type 44

La Type 49 succède directement au Type 44, produit entre 1927 et 1930. Ettore Bugatti perfectionne ici la formule en agrandissant légèrement la cylindrée du moteur, qui passe de 3,0 à 3,3 litres. Les principales améliorations concernent l’adoption d’un système d’allumage double avec deux bougies par cylindre, l’ajout d’un ventilateur de refroidissement et la possibilité de monter des roues en aluminium.

Ce modèle clôt une famille technique lancée avec le Type 30 en 1922, qui a donné naissance aux Type 38, 40, 43 et 44. La Type 49 est donc le dernier modèle Bugatti équipé de ce légendaire 8 cylindres à simple arbre à cames en tête, avant l’arrivée des doubles arbres à cames sur les Type 50, 51 et 57.

Sa boîte de vitesses sera d’ailleurs réutilisée sur la Type 55 en 1932, preuve de la qualité de sa conception.

Fiche technique : le moteur 8 cylindres en ligne de 3,3 litres

Le cœur de la Type 49 repose sur un bloc moteur sophistiqué pour l’époque. Ce 8 cylindres en ligne de 3 257 cm³ développe environ 85 chevaux à 4 000 tr/min. L’alésage est de 72 mm et la course de 100 mm.

L’architecture technique révèle l’ingéniosité d’Ettore Bugatti. Chaque cylindre dispose de trois soupapes : deux pour l’admission et une pour l’échappement. Le système d’allumage double, avec deux bougies par cylindre, améliore la combustion et la fiabilité. Un seul carburateur ascendant alimente l’ensemble.

Le moteur est monté sur un châssis étroit typique de la marque. Les freins fonctionnent par câbles, et la transmission dispose d’une boîte à quatre rapports. Le bloc est constitué de deux ensembles, avec une culasse détachable et un carter fendu équipé d’un carter d’huile à ailettes pour le refroidissement.

Selon la carrosserie et le poids total, la vitesse maximale avoisine les 160 km/h, performance remarquable pour une voiture de tourisme des années 1930.

Deux empattements, une infinité de carrosseries

Bugatti proposait la Type 49 avec deux longueurs d’empattement. La version courte, plus rare, offrait un caractère sportif affirmé. La version à empattement long de 3,22 mètres privilégiait le confort et permettait d’installer des carrosseries plus spacieuses.

La plupart des châssis roulants étaient livrés aux grands carrossiers de l’époque. Gangloff, Vanvooren, Lavocat & Marsaud ou encore Henri Labourdette ont ainsi habillé ces châssis selon les désirs des clients. À l’origine, une forte proportion des Type 49 recevait des carrosseries fermées : berlines, conduites intérieures ou coupés.

Aujourd’hui, beaucoup de ces voitures ont été transformées. Les propriétaires successifs ont souvent préféré des carrosseries plus sportives, roadsters ou cabriolets, inspirées des créations de Jean Bugatti. Cette tendance rend les exemplaires conservant leur carrosserie d’origine particulièrement précieux.

L’esthétique reste typiquement Bugatti : la calandre en fer à cheval chromée, les roues turbine en aluminium moulé, les phares Scintilla montés sur des supports chromés, et les ailes galbées qui suivent les roues de secours latérales.

Une voiture de Grand Tourisme polyvalente

En novembre 1932, le magazine britannique The Motor résumait parfaitement le caractère de la Type 49. Les journalistes saluaient une voiture à double personnalité : confortable comme une berline de luxe, mais capable de performances sportives dès qu’on sollicitait le moteur.

La souplesse du moteur impressionnait. La Type 49 pouvait rouler lentement en ville sur le rapport supérieur sans à-coups, puis atteindre sa vitesse maximale sur route ouverte sans effort. Le passage des vitesses se révélait rapide et précis. La tenue de route combinait stabilité et agilité.

Cette polyvalence explique pourquoi Hugh Conway, historien reconnu de la marque, écrivait dans son ouvrage de référence que de nombreux spécialistes Bugatti considéraient la Type 49 comme la meilleure voiture de tourisme jamais produite à Molsheim.

Contrairement à certains modèles de compétition Bugatti réputés pour leur tempérament difficile, la Type 49 offrait fiabilité et facilité d’utilisation au quotidien. Elle convenait aussi bien aux longs trajets touristiques qu’aux sorties plus dynamiques.

Rareté et valeur sur le marché actuel

Avec seulement 470 exemplaires fabriqués sur quatre années de production, la Type 49 figure parmi les Bugatti d’avant-guerre les plus rares. Cette rareté, combinée à sa réputation technique et à son histoire, en fait une voiture très recherchée par les collectionneurs internationaux.

Les prix varient considérablement selon plusieurs critères. L’originalité des composants mécaniques compte énormément. Un véhicule conservant son moteur, sa boîte et son pont d’origine vaut bien plus qu’un exemplaire ayant reçu des pièces de remplacement. La provenance et l’historique documenté jouent également un rôle majeur.

Aux enchères récentes, les Type 49 se sont vendues entre 100 000 et plus de 350 000 euros. Les roadsters à empattement court avec carrosserie d’époque atteignent les sommets. Les berlines ou conduites intérieures restant proches de leur configuration d’origine trouvent aussi facilement preneur auprès de collectionneurs recherchant l’authenticité.

Les exemplaires primés en concours d’élégance ou ayant participé à des événements prestigieux comme le Tour d’Elegance de Pebble Beach bénéficient d’une valorisation supplémentaire.

La Type 49 dans l’histoire Bugatti

La Type 49 apparaît à un moment charnière de l’histoire Bugatti. En 1930, la marque produit simultanément plusieurs modèles aux caractères différents. La Type 46, surnommée « Petite Royale », offre un luxe extrême avec son moteur de 5,3 litres. Les Type 50 et 51 introduisent le double arbre à cames et la suralimentation par compresseur.

La Type 49 conserve volontairement une approche plus classique. Elle perpétue l’architecture du légendaire moteur Type 35, celui qui a dominé la compétition automobile dans les années 1920. Cette simplicité relative garantit fiabilité et coûts d’entretien maîtrisés.

En 1932, Bugatti lance la Type 55, qui combine le châssis bas de la Type 51 de Grand Prix avec un moteur double arbre à cames. La Type 49 continue néanmoins sa carrière jusqu’en 1934, année où la Type 57 prend le relais comme grande routière de la marque.

Aujourd’hui, les historiens considèrent la Type 49 comme un modèle de transition réussi. Elle incarne la dernière expression du génie d’Ettore Bugatti dans le domaine des moteurs à simple arbre à cames, avant que la marque ne se tourne définitivement vers des solutions plus complexes et plus puissantes.

Un modèle charnière prisé des connaisseurs

La Bugatti Type 49 représente bien plus qu’une simple voiture de collection. Elle témoigne d’une époque où les constructeurs cherchaient l’équilibre parfait entre tradition sportive et confort routier. Son moteur 8 cylindres de 3,3 litres, son châssis éprouvé et ses multiples possibilités de carrossage en font une Bugatti polyvalente, accessible au quotidien tout en conservant le prestige de la marque.

Avec seulement 470 exemplaires produits, elle demeure rare et désirable. Les collectionneurs avertis la recherchent pour son authenticité technique et son caractère équilibré, loin des excès de certains modèles plus extrêmes. La Type 49 reste une porte d’entrée idéale dans l’univers des Bugatti d’avant-guerre, capable de participer aux grands rallyes historiques comme aux concours d’élégance internationaux.

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