Vous venez de constater que votre niveau de liquide de refroidissement est dans le rouge, ou pire, que le voyant est à l’allumage depuis quelques minutes. La question qui vous traverse l’esprit est toujours la même : combien de temps vous reste-t-il avant que le moteur soit en danger ? La réponse dépend de plusieurs facteurs, mais dans la grande majorité des cas, vous parlez de moins de 15 minutes avant d’entrer dans la zone critique.
Combien de temps exactement ?
La durée varie selon les conditions, mais les ordres de grandeur sont clairs.
En été, quand les températures extérieures dépassent 30 °C, le moteur monte très rapidement en température. Vous avez à peine moins de 10 minutes avant que la surchauffe ne commence à faire des dégâts réels. En hiver, le moteur a plus de mal à se réchauffer rapidement, et vous pouvez tenir autour de 15 à 20 minutes dans de bonnes conditions.
Il existe une différence importante selon votre situation précise. Si votre niveau est simplement très bas mais que du liquide reste encore en circulation, vous avez un peu plus de temps que si le circuit est totalement vide. Dans ce dernier cas, la temperature monte en flèche dès les premières minutes de fonctionnement.
En ville, ces délais sont encore plus courts. Les embouteillages et les arrêts fréquents empêchent le radiateur de fonctionner correctement, même s’il reste un peu de liquide. Sur autoroute, la ventilation est meilleure, mais la sollicitation du moteur est aussi plus forte.
Pourquoi le moteur se détruit aussi vite ?
Le liquide de refroidissement circule en permanence entre le moteur et le radiateur. Son rôle est simple : absorber la chaleur produite par la combustion dans les cylindres et la rejeter dans l’air via le radiateur. Sans lui, cette chaleur reste piégée dans le bloc moteur, et la température monte très rapidement.
Le premier élément à souffrir, c’est le joint de culasse. Cette pièce assure l’étanchéité entre le bloc moteur et la culasse. Sous l’effet de la chaleur excessive, elle perd très vite son étanchéité. L’huile commence à filtrer là où elle ne devrait jamais se trouver, et vous entrez dans un engrenage mécanique très coûteux à réparer.
Si vous continuez malgré tout, la culasse elle-même peut se déformer ou même se fendre. À ce stade, le moteur est condamné. Dans les cas les plus extrêmes, le bloc moteur peut fissurer, ou les pistons peuvent se grippes parce que le métal se dilate sans pouvoir évacuer la chaleur. Le moteur casse. C’est irréparable.
Comment gérer la situation en temps réel ?
Les signaux d’alerte à reconnaître
Sur votre tableau de bord, regardez la jauge de température du moteur. Si elle monte vers le rouge ou que vous voyez un voyant en forme de thermomètre dans l’eau qui s’allume, c’est un signal clair : arrêtez-vous.
Sur les véhicules les plus récents, un message textuel peut apparaître directement sur l’écran, parfois accompagné du mot STOP. Ne le ignorez jamais.
Quoi faire immédiatement
Arrêtez le véhicule dans un endroit sécurisé et éteignez le moteur. Ne touchez pas au bouchon du vase d’expansion tant que le moteur n’est pas froid : le liquide est sous pression et brûlant, vous risquez vous blesser sérieusement.
Attendez qu’il refroidisse, puis vérifiez le niveau. Si vous avez du liquide de refroidissement à disposition, faites l’appoint entre les repères MIN et MAX du vase d’expansion.
Et si vous n’avez que de l’eau ?
En situation d’urgence, vous pouvez verser de l’eau dans le vase d’expansion pour rejoindre un garage proche. Cela peut vous dépanner sur quelques kilomètres, pas plus. L’eau s’évapore beaucoup plus vite que le liquide de refroidissement, et elle ne protège aucun composant contre la corrosion. C’est un bouche-à-trou temporaire, rien de plus.
Si vous utilisez cette option, rendez-vous chez un professionnel dès que possible pour remplacer l’eau par du liquide adapté.
Comment rejoindre le garage sans casser le moteur
Si vous devez rouler encore un peu, adoptez ces réflexes. Roulez lentement et évitez absolument les embouteillages. Arrêtez-vous régulièrement pour laisser le moteur refroidir, même quelques minutes suffisent. Surveillez en permanence la jauge de température. Au moindre comportement inhabituel, vous vous arrêtez définitivement.
Comment éviter de se retrouver dans cette situation ?
Vérifier le niveau régulièrement
Le vase d’expansion est translucide et se trouve sous le capot. Vous n’avez pas besoin de le déboucher pour voir le niveau : il suffit de comparer la ligne de liquide aux repères MIN et MAX gravés sur le plastique. Une vérification mensuelle est largement suffisante pour la plupart des conducteurs. En été, faites-le un peu plus souvent.
Les signes avant-coureurs à ne pas ignorer
Une odeur sucrée dans l’habitacle peut indiquer une fuite de liquide de refroidissement, même si vous ne voyez rien sous la voiture. Des traces colorées (souvent rouges, orangées ou vertes selon le type de liquide) sous le véhicule sont un signal évident. Des fluctuations anormales de la jauge de température, surtout sur des trajets habituels, méritent d’être vérifiées sans attendre.
Quand vidanger le circuit ?
Le liquide de refroidissement ne dure pas indéfiniment. Ses propriétés anticorrosives et thermiques se détériorent avec le temps. En général, une vidange complète du circuit est recommandée tous les 40 000 km ou tous les 2 ans, selon les préconisations du constructeur de votre véhicule. Un liquide trop ancien peut même devenir corrosif et endommager le radiateur et les durites.
Consultez votre carnet d’entretien pour savoir exactement quel type de liquide votre véhicule nécessite. Chaque constructeur a ses propres spécifications, et les mélanger peut provoquer des réactions chimiques indésirables.

