
Depuis quand les phares blancs en France ?
Les phares blancs sont autorisés en France depuis le 1er janvier 1993. Cette date marque la fin de l’obligation des phares jaunes, une spécificité 100 % française qui a duré près de 60 ans. Le changement est directement lié à l’harmonisation des normes européennes en matière d’éclairage automobile.
1er janvier 1993, l’autorisation des phares blancs
Le 1er janvier 1993, la norme européenne Euro 1 entre en vigueur. C’est la première directive qui harmonise les caractéristiques techniques des véhicules circulant dans les pays membres de l’Union européenne.
À partir de cette date, tous les véhicules neufs homologués dans l’UE doivent obligatoirement être équipés de phares blancs. La France abandonne donc son exception historique et s’aligne sur le reste de l’Europe.
Concrètement, les constructeurs automobiles français cessent de monter des ampoules jaunes sur leurs nouveaux modèles. Les voitures immatriculées avant 1993 peuvent continuer à rouler avec leurs phares jaunes d’origine, mais les véhicules neufs n’ont plus le choix.
Pourquoi ce changement ?
La France était le seul pays européen à imposer les phares jaunes. Cette obligation remontait à un arrêté de novembre 1936, appliqué progressivement à partir d’avril 1937.
À l’époque, les autorités justifiaient ce choix par des arguments scientifiques. Selon l’Académie des sciences en 1934, la lumière jaune serait moins éblouissante, améliorerait les contrastes par temps de brouillard ou de pluie, et réduirait la fatigue oculaire. Certains évoquent aussi une origine militaire : les phares jaunes auraient permis de distinguer les véhicules français des véhicules ennemis en cas de conflit.
Mais en 1993, l’harmonisation européenne met fin à cette singularité. Les progrès technologiques ont aussi montré que les phares blancs modernes offrent une luminosité supérieure et une meilleure visibilité nocturne. La couleur jaune n’apporte plus d’avantage technique réel face aux nouvelles générations d’ampoules halogènes, puis LED et xénon.
Ce que dit la loi aujourd’hui
Depuis 1993, la réglementation française autorise les deux couleurs. Les articles R313-2 et R313-3 du Code de la route précisent que les véhicules doivent être équipés de feux de route et de croisement émettant une lumière jaune ou blanche.
En théorie, vous pouvez donc rouler avec des phares jaunes ou blancs. Mais attention : ce qui compte, c’est la conformité au certificat d’homologation de votre véhicule.
Si votre voiture est homologuée avec des phares blancs et que vous installez des ampoules jaunes, vous risquez une contravention de 3ᵉ classe pour non-conformité. L’amende forfaitaire est de 68 euros (45 euros si elle est minorée). Pas de retrait de points, mais une sanction financière.
À l’inverse, si votre véhicule date d’avant 1993 et qu’il était équipé de phares jaunes en première monte, vous êtes parfaitement en règle.
Peut-on encore rouler avec des phares jaunes ?
Oui, dans deux cas précis.
Premier cas : votre véhicule est une voiture de collection ou un modèle ancien immatriculé avant 1993, équipé de phares jaunes d’origine. Vous pouvez continuer à rouler avec, sans problème au contrôle technique, à condition que les phares fonctionnent correctement.
Deuxième cas : vous possédez un véhicule homologué avec des phares jaunes, même récent (ce qui est extrêmement rare). Là encore, aucun souci.
En revanche, si vous modifiez un véhicule homologué avec des phares blancs pour installer des ampoules jaunes, vous vous exposez à une verbalisation en cas de contrôle routier. Le contrôle technique peut aussi signaler cette non-conformité.
Les phares jaunes restent techniquement légaux d’après le Code de la route, mais ils doivent correspondre à l’équipement d’origine du véhicule. C’est cette nuance qui fait toute la différence.
