Pagani Zonda HP Barchetta : la voiture la plus chère du monde

À 17,5 millions de dollars, la Pagani Zonda HP Barchetta détient le record de la voiture de route la plus chère jamais commercialisée. Produite à seulement trois exemplaires en 2017, elle marque la fin de la production de la légendaire Zonda. Un cadeau d’exception qu’Horacio Pagani s’est offert pour ses 60 ans, et que deux autres privilégiés ont pu acquérir.

Un cadeau d’exception pour marquer la fin d’une légende

La Zonda HP Barchetta a été dévoilée en août 2017 lors du prestigieux Concours d’Élégance de Pebble Beach. Cette apparition avait une double signification : célébrer les 60 ans d’Horacio Pagani, fondateur de la marque, et les 18 ans de la Zonda, son premier modèle devenu iconique.

Ce modèle représente officiellement le dernier chapitre de l’histoire de la Zonda, une hypercar apparue en 1999 et déclinée en une multitude de versions spéciales au fil des années. Horacio Pagani a d’ailleurs conservé l’un des trois exemplaires pour sa collection personnelle, preuve de l’attachement particulier qu’il porte à cette création ultime.

La production s’est achevée définitivement avec la livraison du troisième et dernier exemplaire en 2022. Toutefois, Pagani continue d’accepter des commandes pour des Zonda de la série 760 et d’autres éditions spéciales sur demande de clients fortunés.

Qu’est-ce qu’une barchetta ?

Le terme « barchetta » vient de l’italien et signifie « petite barque ». Dans l’univers automobile, il désigne un style de carrosserie sans toit rigide, avec un pare-brise très bas et des vitres latérales réduites au minimum.

Sur la HP Barchetta, ce concept est poussé à l’extrême. Le pare-brise enveloppant est nettement plus petit que sur les autres Zonda, et les vitres latérales sont presque inexistantes. Cette configuration crée une expérience de conduite à ciel ouvert unique, proche de celle d’une monoplace de course.

Les carénages de roues arrière constituent un autre détail visuel majeur. Inspirés des voitures du Groupe C des années 1980, ces éléments sont une première pour Pagani. Ils confèrent à la HP Barchetta une silhouette immédiatement reconnaissable, même dans une gamme aussi exclusive que celle des Zonda.

800 chevaux en aspiration naturelle

Sous le capot arrière se cache un moteur V12 Mercedes-AMG de 7,3 litres développant 800 chevaux à 6 200 tr/min et 850 Nm de couple. Particularité rare aujourd’hui : ce bloc est à aspiration naturelle, sans turbocompresseur.

Cette configuration fait de la HP Barchetta la Zonda la plus puissante jamais produite pour la route. Contrairement à la Huayra BC qui partage la même puissance mais utilise un V12 bi-turbo, la HP Barchetta conserve la sonorité brute et la réponse immédiate d’un moteur atmosphérique.

La transmission repose sur une boîte manuelle 6 rapports, un choix délibéré de purisme dans un segment où les boîtes robotisées dominent. La puissance est envoyée exclusivement aux roues arrière via un différentiel autobloquant mécanique.

Les performances sont à la hauteur du mythe : le 0 à 100 km/h est expédié en un peu plus de 3 secondes, tandis que la vitesse maximale atteint 350 km/h. Un résultat impressionnant pour une voiture dépourvue de toit rigide et pesant 1 250 kg.

Des détails qui valent des millions

Chaque élément de la Zonda HP Barchetta a été pensé avec une obsession du détail. Les sièges et la suspension proviennent de la Huayra BC, garantissant un niveau de confort et de tenue de route optimal malgré la puissance démentielle.

L’aileron arrière, les prises d’air et les feux arrière sont empruntés aux modèles de la série 760, créant une continuité esthétique avec les versions les plus exclusives de la Zonda.

Mais le détail le plus spectaculaire se trouve au niveau des jantes. Les roues du côté gauche arborent des inserts dorés, tandis que celles du côté droit affichent des inserts bleus. Cette asymétrie volontaire renforce le caractère unique et artistique de la voiture.

La carrosserie en fibre de carbone mêle surfaces mates et brillantes, jouant sur les contrastes et la lumière. Chaque courbe, chaque prise d’air répond à une fonction aérodynamique précise tout en créant une sculpture roulante.

17,5 millions de dollars : pourquoi un tel prix ?

Le prix de 17,5 millions de dollars peut sembler déconnecté de toute réalité. Pourtant, il s’explique par plusieurs facteurs rationnels.

La rareté absolue constitue le premier argument : trois exemplaires seulement, dont un conservé par le créateur lui-même. Cette limitation artificielle crée une demande bien supérieure à l’offre, propulsant mécaniquement la valeur.

Le statut de dernier modèle de production de la Zonda ajoute une dimension historique. Dans le monde des hypercars, les modèles qui marquent la fin d’une lignée deviennent instantanément des pièces de collection recherchées.

À titre de comparaison, la Rolls-Royce Sweptail, précédent détenteur du record, atteignait 13 millions de dollars. La Bugatti La Voiture Noire s’est vendue environ 18,7 millions d’euros. La HP Barchetta se situe donc dans le cercle très fermé des voitures dépassant les 15 millions.

Enfin, la demande provient d’une clientèle ultra-fortunée pour qui posséder cet objet d’art mécanique représente l’aboutissement d’une passion automobile. Les deux exemplaires commercialisés ont trouvé acquéreur avant même de quitter l’usine de Modène.

L’accident de Zagreb et la renaissance

En septembre 2022, l’un des trois exemplaires a été victime d’un accident spectaculaire lors d’un rassemblement du Supercar Owners Circle à Zagreb, en Croatie.

La voiture a perdu le contrôle dans une rue étroite, les roues arrière ont décroché et l’hypercar a percuté de plein fouet une Ford Fiesta venant en sens inverse. Le choc a arraché la roue arrière gauche, détruit les éléments de suspension et sérieusement endommagé la carrosserie en carbone.

Le propriétaire, Oleg Egorov, fondateur du préparateur européen TopCar Design, a immédiatement rapatrié la voiture à l’usine Pagani en Italie. La reconstruction a duré près de deux ans, entre 2022 et 2024.

Contrairement à certaines Zonda accidentées qui ont été améliorées ou modifiées lors de leur réparation, la HP Barchetta a été restaurée à l’identique. Le seul changement visible concerne les jantes argentées qui remplacent les jantes noires d’origine.

La voiture est revenue sur les routes en mai 2024, prouvant le savoir-faire exceptionnel des ateliers Pagani et la détermination de son propriétaire à préserver ce joyau mécanique.

Qui possède les trois exemplaires ?

Le premier exemplaire appartient logiquement à Horacio Pagani lui-même. Le fondateur de la marque a toujours conservé dans sa collection personnelle les modèles les plus significatifs de son histoire.

Le deuxième exemplaire, celui accidenté à Zagreb, est la propriété d’Oleg Egorov. Ce collectionneur russe possède l’une des plus impressionnantes collections de Pagani au monde : deux Zonda Cinque, une Zonda R, une Zonda 760 Roadster, une Zonda Tricolore et une Huayra BC. La HP Barchetta constitue la pièce maîtresse de cet ensemble exceptionnel.

Cet exemplaire se distingue par sa carrosserie entièrement noire mêlant carbone mat et brillant, avec une bande centrale dorée et des étriers de frein dorés. Une livrée sobre et élégante qui contraste avec l’extravagance technique du véhicule.

Le troisième et dernier exemplaire a été livré en 2022, mais l’identité de son propriétaire reste confidentielle. On sait seulement qu’il a été remis lors d’une cérémonie privée à l’atelier de Modène, dans la plus grande discrétion.

Le chant du cygne d’une icône

La Pagani Zonda HP Barchetta représente bien plus qu’une simple hypercar de plus dans un marché déjà saturé d’exclusivité. Elle incarne l’aboutissement de 18 années de perfectionnement, le point culminant d’une philosophie artisanale appliquée à l’automobile extrême.

Avec son V12 atmosphérique, sa boîte manuelle et son design barchetta radical, elle défend une vision de la supercar qui refuse les compromis de l’électronique et de la surpuissance assistée. Un objet de passion destiné à une poignée de privilégiés capables d’en comprendre la valeur et d’en accepter le prix.

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koessler.buisness@gmail.com
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